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Occupé !



Cie Bouche Bée - Anne Contensou



Date de création
11/2015



Théâtre

à partir de 8 ans



Metteur en scène : Anne Contensou
Avec : Vincent Debost et Nicolas Orlando

Scénographie et création lumière : Xavier Baron
Musique et création sonore : Mikaël Plunian
Regard marionnettique : Simon Delattre
Costumes : Anne Contensou et Barbara Gassier



Paroles d'Anne Contensou...

Le Conseil Général de Seine Saint-Denis et cinq théâtres du 93 ont exprimé le souhait de travailler ensemble autour de la création d’une œuvre jeune public et leur choix s’est porté cette année sur la pièce de Philippe Gauthier.
La Compagnie Bouche Bée en assurera la création à la rentrée 2015.

J’aime faire des spectacles pour tous : pour les enfants, les adolescents et les adultes.
Je m’intéresse aux écritures d’aujourd’hui et j’aime parler, échanger, travailler avec des auteurs bien vivants. Des qui cherchent et qui inventent. Des qui aiment les expériences osées et partagées.
J’ai aimé travailler avec les vivants et culottés Sylvain Levey et Karin Serres lors de mes précédents spectacles.
Pour cette nouvelle création jeune public, il me semblait évident de croiser l’écriture du même vivant et culotté Philippe Gauthier. Ainsi donc, à l’automne prochain, je m’engagerai avec toute mon équipe dans la mise en scène du dernier texte de l’auteur, Bouboule et Quatzieux.

 Anne Contensou - Cie Bouche Bée, décembre 2014

 

Le texte...

Jordan, dit Bouboule, et Arthur, dit Quatzieux, n’ont aucune raison d’être amis. L’un est en échec scolaire et ne songe qu’à manger ; l’autre est premier de la classe et soigne à l’excès son vocabulaire. Pourtant, ils ont un point commun qui les rend inséparables. Tous les deux ont le même tortionnaire. L’affronter, ils n’y songent pas. Alors ils l’évitent en se cachant dans un container.

C'est en allant à la rencontre d'enfants, d'ados et même d'adultes que je me suis rendu compte de cette évidence : dans chaque groupe, ou presque, il y a un ou plusieurs souffre-douleur. J'ai juste voulu leur donner la parole. A ma manière.

Philippe Gauthier

Extrait...

ARTHUR : C'est bon ! Personne en vue ! Tu peux sortir !
JORDAN, depuis le container : T'es sûr ?
ARTHUR : Certain !
JORDAN : Non, parce que l'autre jour, Il était pas vraiment parti !
ARTHUR : Je sais.
JORDAN : Et du coup, on a pris cher !
ARTHUR : C'est vrai. Mais là, Il est parti ! Alors tu peux sortir !

Temps de réflexion.

JORDAN : Je préfère attendre encore un peu. Histoire d'être sûr.
ARTHUR : Comme tu veux.
JORDAN : Ouais ! Comme je veux !
ARTHUR : C'est toi qui vois.
JORDAN : Ouais ! C'est moi qui vois !
ARTHUR : Et puis on n'est pas si mal à l'intérieur.
JORDAN : Ouais ! Très bien même !
ARTHUR : Mis à part l'odeur bien sûr.
JORDAN : L'odeur ? Quelle odeur ?
ARTHUR : Et les rats.
JORDAN : Jamais vu de rats ici. Une souris, une fois, mais elle était toute petite.


Regard dramaturgique...

Ce qui frappe dans cette pièce c’est son culot au démarrage. D’abord parce que la langue de Philippe Gauthier, libre et crue, ne cherche ni le joli ni le moral sous prétexte qu’elle s’adresse à des enfants. Ensuite parce que l’auteur se permet d’aborder un thème grave – le bouc-émissaire – avec beaucoup de drôlerie, caractéristique rare dans la production jeunesse actuelle.

Oui, on rit beaucoup en découvrant Bouboule et Quatzieux, entraînés d’abord par ces personnages burlesques et décalés. Car ceux-ci ont beau être les victimes de l’histoire, ils ne sont pas pour autant présentés sans défauts, au contraire ! L’auteur expose autant leurs déboires que leurs lâchetés, jusqu’à cet étonnant retournement final où Bouboule prend la place du bourreau. Cette complexité nous écarte d’emblée d’une vision du monde où les bons et les méchants seraient séparés. Néanmoins les deux garçons deviennent très vite attachants par leur entrain et leur solidarité naissante. On sera notamment touché par Bouboule au dessein secret d’aménager un monde refuge dans un container poubelle, et l’on verra dans le dernier geste qu’il a envers Quatzieux – celui de jeter un paquet de gâteaux dans le container – une manière déguisée de le rassurer en lui disant qu’il ne prendra peut-être pas si cher que ça les jours prochains…

La pièce alterne des scènes de jour qui réunissent les deux personnages autour du container (ou carrément à l’intérieur) et des situations le soir. Ces scènes nocturnes croisent des paroles des personnages isolés dans leurs chambres, le tout finissant par produire une sorte de « dialogue » et renforcer le lien fort - quasi surréaliste - qui relie les 2 garçons, même éloignés.

La pièce suit ainsi une structure musicale répétitive : couplet / refrain / couplet / refrain… Le renversement de situation final dénoue et renoue la situation de départ, faisant de l’histoire une boucle perpétuelle.

On note enfin que la narration est entièrement centrée sur les 2 protagonistes, quasi en huis-clos (container et chambre). Les parents et les camarades de classe sont absents de l’action, notamment le personnage du bourreau. Cette focale subjective est accentuée par le fait que les deux garçons se réfugient tous deux dans une bulle de fiction le soir : Bouboule inverse les rapports en jouant à des jeux vidéo violents dont il est le vainqueur, Quatzieux écrit son journal intime et recrée sa journée par le biais du récit.

 

Note d'intention de mise en scène... par Anne Contensou

Au cœur du projet il y a la direction d’acteurs. Plus que jamais il faudra accompagner ceux qui interpréteront ce duo de clowns inversés en alimentant le moteur comique des contraires que l’adversité réunit. Mais il faudra aussi dévoiler ce que cette marginalité génère de douleur et de douceur car il y a une fibre tendre qui vibre en chacun des personnages. Le mélange des genres permettra l’exploration de différents registres de jeu.

La pièce traite du rapport entre les êtres, d’où l’envie d’interroger et de varier les échelles sur le plateau. Au regard de ces enfants qui vivent à leur hauteur un monde souvent trop grand et plus fort qu’eux, nous creuserons les pistes suivantes : grands et petits espaces, mesure et démesure des objets et des êtres.

La rudesse du quotidien de nos deux protagonistes les conduit à se réfugier le soir dans une intimité où la fiction a la part belle : l’un joue à des jeux vidéo (fiction violente qui ressemble étrangement à ce qu’il vit le jour, sorte de réalité augmentée) ; l’autre tient son journal intime (récit écrit qui modèle et recrée le réel). Ainsi, pour se protéger, les deux garçons éprouvent le besoin de transposer leur situation en se représentant eux-mêmes. La représentation intègrera cette dimension ludique en jouant sur l’univers sonore et visuel des jeux vidéo et sur la référence au super-héros qu’on rêve d’être.

La référence à la fiction et le jeu sur les échelles appelleront une recherche spécifique sur le théâtre d’objet et sur les corps marionnettiques en présence sur le plateau. Nous créerons ainsi un glissement progressif. De cet ici et maintenant très réaliste (l’école, le bouc-émissaire, les multimédia…), nous nous laisserons entrainer par l’imaginaire des deux garçons en montrant leur représentations d’eux-mêmes : dans quels doubles romanesques, avatars et autres héros de jeux se projettent-ils ?

Il faudra aussi trouver la musicalité de ce spectacle en s’appuyant sur le rythme binaire de la structure narrative existante. La dimension musicale contribuera à créer cette bulle de fiction dans la fiction. Elle permettra de rendre ce monde tantôt entraînant, violent, envoûtant.

Enfin, les décors convoqués par cette fiction supposent de relever de véritables défis scénographiques et techniques : un container poubelle dans lequel peuvent tenir entièrement deux acteurs adultes, la possibilité de voir et d’entendre ceux-ci quand ils sont à l’intérieur, un lampadaire qui respire en lumière au pouls des personnages, l’intimité des chambres de chacun… Autant d’espaces qui nous confortent dans l’idée qu’il faudra s’écarter du réalisme et trouver la mécanique ludique et onirique de cet espace en perpétuelle évolution.

 

 



  Production déléguée
Cie Bouche Bée
Coproductions
Conseil Général de Seine-Saint-Denis, Théâtre des Bergeries Noisy-le-Sec, Théâtre du Fil de l’Eau - Pantin, Théâtre Jacques Prévert d’Aulnay-sous-Bois, Espace Georges Simenon Rosny-sous-Bois, Espace 1789 - Saint-Ouen
Soutien 
Cie bénéficiant du dispositif PAC - Action financée par la Région Ile de France
 





Téléchargements



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FT Occupé ! | Fiche technique

Plan de feux Ocupé ! minimal | Fiche technique



Saison 2018 / 2019

Capendu / 11
Espace Culturel le Chai
Pierre-Olivier Vergnaud > Tel.: 04 68 79 73 98
28/03/2019 à Capendu (14 h, 19 h)

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